


12 MAI 2011
L’étude de la thermodynamique est trop sérieuse pour être vulgarisée mais aussi trop importante pour être négligée lorsque l’on recherche une solution de chauffage économique, fiable et donnant les résultats que nous ont fait miroiter les vendeurs.
Ce petit document sans prétention couvre uniquement les domaines de la géothermie, il est destiné à donner quelques clefs, poser les bonnes questions aux vendeurs, et aussi de se rassurer face aux discours souvent un peu flous. Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin et avec d’autres sources d’énergie, nous pouvons vous recommander la lecture d’un ouvrage très abordable écrit par Brigitte Vu : "CHOISIR UNE ENERGIE RENOUVELABLE ADAPTEE A SA MAISON" aux éditions Eyrolles.
Commençons par définir ce qu’est la géothermie : récupérer quelques degrés dans une ambiance (eau, sol, air) de manière à ce qu’un échangeur puisse produire de l’eau chaude au moindre cout. C’est ni plus ni moins que le principe du réfrigérateur à l’envers.
Est-ce encore un nouveau procédé à la mode ? Pas du tout. Des pays comme la Suède sont très largement équipés (90% des installations) mais aussi la Suisse avec plus de 50% d’équipements. Il y a maintenant de grand retours d’expérience avec ce mode de chauffage comme par exemple la mairie de Zurich faite en 1937 ou encore le Parlement Européen et qui n’ont toujours pas eu d’incident. panne.
Alors ? Comment çà marche ?
Schématiquement, nous pouvons représenter le fonctionnement de la manière suivante :

3 zones bien distinctes sont donc à examiner de près pour obtenir le meilleur rendement de son installation et ainsi obtenir le résultat escompté :
RENDEMENT D’UNE INSTALLATION :
C’est le point capital d’une installation : c’est au bout du compte le résultat de votre investissement. En termes plus concrets, c’est le ratio entre l’énergie utile et l’énergie fournie. Ce rendement est exprimé par le COP (coef de performance). A titre d’exemple, pour une machine ayant un COP de 4, pour 1 € de dépenser en électricité, vous avez 3€ d’énergie gratuite.
Mais attention, le COP est une donnée obligatoire, donnée par les constructeurs, mesurée en laboratoire dans des conditions très précises. C’est exactement le même principe que pour les données de consommation pour les voitures…. On est souvent surpris.
Beaucoup d’éléments font varier le COP d’une installation, nous allons les regarder plus loin.
Lorsque l’on installe une géothermie haut rendement basse température, le dimensionnement, le diamètre et la nature des tubes sont fondamentaux :
Très souvent, les tubes ont un diamètre de 13 intérieur et n’ont pas de barrière anti oxygène. Ces tubes fonctionnent mais nécessitent un entretien anti boue et algues, la température d’eau visée est aussi assez élevée de l’ordre de 35°C, et la pression est élevée.
On préférera utiliser des tubes avec barrière anti oxygène et permettant d’augmenter la conductivité thermique. Utiliser des tubes assez gros (16 intérieur). La température de l’eau pourra alors être de l’ordre de 25°C et avoir une pression de l’ordre de 2 Bars.
Généralement, lors de la pose, il est prévu un pas de l’ordre de 15 à 20 cm. Préférer les solutions avec pas variable (dessiné sur les bases d’une étude thermique pièce par pièce, avec équilibrage entre les pièces. Ces études ne peuvent être faites que par un bureau d’étude averti et compétent). Il faut compter en moyenne 8 à 10 m de tube au m2.
Cela n’a l’air de rien mais pour une maison de 150 m2, on passe de 100 à 300 l d’eau. (plus on envoie d’eau, plus on chauffe).
Vérifier que l’on vous propose un circuit d’eau par pièce (conception obligatoire fixée par les DTU en vigueur).
Un point non négligeable est le collecteur centralisé. Il permet de réguler les températures par pièces, il doit être positionné dans un endroit accessible et attention, privilégier les collecteurs ne provoquant pas de condensation (matériaux composites par exemple). Cela évite la serpillère dans les placards….
Si l’habitation a la chance de se trouver au dessus d’une nappe phréatique, c’est la solution la meilleure et qui offre le meilleur rendement. Il suffit d’examiner la plaine d’Alsace par exemple pour se rendre compte de l’intérêt porté à la géothermie sur nappe phréatique (aquathermie).
Si l’on a peu d’espace autour de l’habitat, la solution par forage vertical est très bonne, elle présente l’inconvénient d’avoir un cout élevé à cause de ce forage.
Si l’on a de l’espace autour de l’habitat, on privilégiera le captage par un réseau de tuyaux à plat. Le rendement reste tout à fait honorable proche de celui d’une géothermie verticale si le captage est bien dimensionné.
Enfin, la solution aérothermie peut donner de très bons résultats là encore, si le dimensinnement est correctement effectué.
Dans tous les cas, des précautions sont nécessaires pour ne pas être déçu. Nous avons synthétisé dans un tableau les quelques points à valider avant de choisir.

Quelques mots sur le captage horizontal qui est très utilisé et qui a posé quelques problèmes d’usage.
Nous préconisons les dispositifs qui prévoient un captage sur 2 nappes superposées assez profondes (ex 80 et 140 cm) utilisant un long métrage de gros tubes espacés d’environ 30 cm (25 mm) en récupérant moins de calories au mètre linéaire et bien sur de creuser plus que d’ordinaire. Pourquoi ?
A très grosse approximation, on pourra retenir que pour un habitat de 200 M2, il sera nécessaire de décaisser environ 400 m3 de terre.
Il existe 3 types d’aérothermies :
Nota : c’est le dispositif idéal pour assurer le réchauffage d’une piscine extérieure.
Point central de l’installation. Elle doit être parfaitement dimensionnée en fonction des besoins. D’où l’étude technique impérative préalable. Privilégier les études qui prennent en compte la surface de paroi et leur résistance thermique plutôt que les approximations « volume x coef ». Il y va de votre confort.
Les points importants à vérifier :
La réponse est clairement non mais il est possible de rendre l’habitat plus frais l’été avec l’ajout d’un système propre sur la PAC. L’eau qui circulera l’été sera fraiche, absorbera les calories des pièces et la sensation sera voisine de celle rencontrée dans les anciennes maisons.
Pour être satisfait de son acquisition, et bien entendu qu’elle dure très longtemps, il faut tout faire pour optimiser le COP annuel de l’installation. Nous avons vu que les paramètres à bien maitrisés sont :
Bien entendu, la géothermie est très souvent adaptée à la rénovation. Avant d’entreprendre des travaux, nous vous conseillons de faire réaliser une étude thermique de votre habitat, ensuite de réaliser les travaux d’isolation nécessaires.
A ce stade, vous pourrez envisager une installation. Plusieurs solutions sont envisageables :
A ce stade de réflexion, seul l’avis d’une entreprise très compétente, dotée de son bureau d’étude propre pourra vous apporter satisfaction.
Grand débat. La température de l’eau doit être de 55 - 60°C et il parait disproportionner d’utiliser une PAC haut rendement pour satisfaire son besoin en eau chaude sachant qu’en plus, le capital vie de l’installation sera diminué puisque sollicité par l’eau chaude sanitaire et le résultat médiocre.
Bien entendu, c’est possible, c’est puriste, mais on perd en économie. Sans être pointu sur ce domaine, nous pensons qu’il est encore judicieux de nos jours d’utiliser l’énergie électrique pour satisfaire ses besoins en eau chaude.
ET si vous êtes dans l’obligation d’utiliser une source renouvelable pour l’eau chaude sanitaire, choisir alors un ballon thermodynamique. (système type PAC indépendante).
Dans ce domaine, là encore, nous rencontrons beaucoup de cas de figures. Nous ne pouvons que vous encourager à travailler qu’avec des spécialistes ayant une garantie décennale l'installation compléte mais aussi sur le dimensionnement.
Bien entendu ces installations ont un cout élevé, mais à combien revient une installation qui ne donne pas les résultats, qu’il faut au mieux entretenir régulièrement et au pire changer au bout de quelques années ?
Nous ne pouvons ici qu’attirer votre attention sur tous les discours commerciaux vantant les déductions fiscales pour attirer les acheteurs potentiels.
La déduction existe, certes, mais dépend de votre situation familiale et de vos droits pour une année donnée. Elle est plafonnée en 2011 à 40% sur le matériel. Le choix de votre système de chauffage ne doit pas être guidé en fonction de ces aides, ce n’est qu’un plus.
Un ami thermicien m'avait en son temps dit que le COP d'une habitation n'était jamais supérieur à 3en final. C'est généralement vrai pour les installations classiques. Mais il est exact aussi que des professionnels se sont consacrés qu'à ce métier et ils ont fait des progrès considérables pour améliorer le COP global: ils ont traqué les moindres détails, optimisé leurs connaissances et il est aujourd'hui possible d'atteindre des COP annuel très largement supérieurs.
Au travers de ses activités, INOX CONSULTING a été amené à s’intéresser à ces énergies qui sont d’actualité : Il y a tellement de « non dits » ou de fausses informations qui circulent. De ce fait, nous avons jugé bon de participer à ces débats et d’apporter notre modeste contribution.
Certes, nous sommes maintenant partie prenante dans cette aventure, nous sommes en effet partenaires d’un leader dans ce domaine mais cela n’entachera pas notre éthique et continuerons à raisonner sur des critères exclusivement techniques.
A la suite de la diffusion de cet article, nous ouvrons un forum de discussions sur notre blog qui permettra aux personnes intéressées d’échanger, de compléter les informations et ainsi contribuer à enrichir ce dossier.